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 Winter is coming [ Flashback ; pv with Seiichi ]

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Kan Nei A. Tsume
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MessageSujet: Winter is coming [ Flashback ; pv with Seiichi ]   Lun 20 Avr - 20:30


Kan Nei A. Tsume






Winter is coming...

Chine,
Début de l’hiver
Province de He Fei.

Le jour se lève à peine, sur la vaste plaine. Le brouillard profite encore de ses derniers instants de règne. Bientôt, le froid viendra prendre sa garde, et gèlera le sol qui tente en vain de faire pousser la vie ici-bas. Au loin sur la colline, dépasse une sombre tour, aussi vieille qu’inquiétante. Tout est en ruine, et les pierres manquent de céder à tout instant. Cette tour inhospitalière, est une bâtisse autrefois construite pour la guerre, opposant les terres du Sud à celles du Nord. D’abord tour de garde, elle a aujourd’hui été transformé pour servir de cachot, aux ennemis publics de la Chine. Depuis quelques semaines déjà, plus personne ne s’en approche. Car on dit, que chaque nuit, raisonne le hurlement du loup agonisant. Il meurt de faim, et les rumeurs prétendent qu’il dévore quiconque ose s’approcher de la prison…

De pures sottises… Je n’ai jamais dévoré aucun humain. En revanche, je crève de faim, ça c’est une certitude. Je suis bloqué ici depuis ce qui me semble être des lustres. Je ne sais plus exactement depuis combien de temps je suis enchainé à ce vulgaire trou, creusé a même dans la pierre, et fermé d’une grille noire, aux barreaux aussi solides que l’acier. J’ai bien tenté de me défaire de mes liens, j’ai tiré à m’en couper le souffle, à m’en faire des entorses. Je pensais ma force inépuisable, mais il s’avère que les hommes ont été malins cette fois-ci. Après maints échecs, l’épuisement me fit renoncer à la manière forte. Il ne me restait plus que l’espoir. L’espoir qu’un des miens vienne à mon secours, qu’il réponde à mes appels, qu’il m’entende et vienne me chercher. Je ne devais tout de même pas être le seul loup des environs. Depuis, chaque nuit et jusqu’au lever du jour, mon hurlement perce le silence, à des kilomètres à la ronde. Je suis presque certain que mon père m’entend, qu’il m’écoute, et qu’il rit de moi… Lui qui m’a laissé pour mort, entre les mains des autorités, lui qui m’a abandonné à mon sort, après m’avoir brisé les os, un par un… Parfois, ce simple souvenir suffit à me redonner des forces. La colère m’emporte et je me mets de nouveau à tirer sur mes chaines, à mordre les barreaux de ma prison. Contrairement à ce que laissent présager les apparences, je ne suis pas seule dans cette haute tour abandonnée. Trois gardes se relaient tous les cinq jours pour ma surveillance. Lorsque je tente de m’échapper ainsi, je me fais battre à coups de matraques. Parfois même, quand ils ne parviennent pas à me contrôler, ils finissent par me taser pour que je me calme. Ces fumiers ne me nourrissent qu’une fois tous les trois jours, le strict minimum, pour survivre. Ainsi ils épuisent mes forces, mais la famine me rend quelque peu, irritable, pour ne pas dire sauvage. Le loup qui est en moi prend le dessus, mes instincts de bête sauvage et de loup affamé me contrôlent alors. C’est assez drôle de voir combien je peux les terrifier dans des instants comme ceux-là. Ils ne savent plus quoi faire de moi. Eux, et même leurs supérieurs à vrai dire, et les supérieurs des supérieurs… Ils ne savent pas quoi faire de moi, je suis un problème. Je ne sais pas combien de temps tout ceci va durer, si je vais pouvoir le supporter encore longtemps… Mes forces continuent de me quitter jour après jours, je me sens de plus en plus faible. Je ne serais bientôt plus capable de hurler la nuit.

Mais temps que je le peux, je continue à me battre, de résister. Cette nuit encore, mon cri résonna tristement sur la plaine, jusqu’au petit matin. Les gardes ont pris l’habitude de dormir le jour à présent, leurs efforts pour me faire taire la nuit ayant été vains. Le ciel commence à devenir claire à présent, il va bientôt faire jour. Je laisse les quelques dernières notes de ma chanson se perdre dans la nature. Personne ne semble m’entendre, ne semble vouloir m’apporter de l’aide.

_C’est bon maintenant ! La ferme ! Putain de cabot !

Ah si, ceux-là ils m’entendent, c’est vrai. Je les fais bien chier à hurler comme ça. Parfois je continu jusque tard dans la matinée, par simple désir de les enmerder encore un peu plus longtemps. Qui plus est, j’ai remarqué qu’ils me cèdent beaucoup plus facilement de la nourriture ainsi.

L’hiver est bien installé en cette période de l’année, et je dis merci à mon épais pelage ambré, pour me porter chaud aussi efficacement. Les autres crétins là dehors, ils ont l’air de bien se cailler les miches. Le froid les rend encore plus faignants, voilà plus de quatre jours qu’ils ne m’ont pas donnés à manger. Je suis devenu tellement maigre, la peau sur les os, cette pensé me désole, en me rappelant combien j’étais athlétique en quittant l’armée. Le manque d’exercice me rend fou, et je tourne en rond dans ma cage, aussi loin que peuvent me permettre mes chaines. Mes pattes me font mal, tout autant que mon encolure. Les liens qui me retiennent me serrent trop fort. Je suis un loup géant guère impressionnant maintenant, c’est déprimant. Cette journée va être pire encore que les précédentes. Elles sont toutes pires de jour en jour.

Pourtant, quelques choses allaient changer aujourd’hui, et j’étais bien loin de savoir à quel point. Voilà que je m’étais sagement installé sur mon lit de paille, fatigué de ma nuit, pour reprendre des forces tranquillement. J’avais fermé les yeux depuis quelques minutes seulement. Le calme était total, pourtant, une étrange sensation remua mes entrailles. Je sentais quelque chose. Il y avait là une odeur qui m’était parfaitement inconnue, qui s’approchait lentement. Une odeur très particulière, mais pas que… C’était, étrange… Ce n’était pas humain, je ne crois pas. Mais ce n’était pas loup non plus. Cette présence, ce sentiment, tout ça était parfaitement troublant. Mes oreilles se dressèrent alors que j’ouvris les yeux à toute vitesse. Demeurant immobile un long moment, je me relevai finalement, sur mes gardes et alerté. La tête basse, le regard fixe, le poil hérissé et la queue droite, je me préparais. Quelque chose d’inconnu était en train d’approcher….



......







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Seiichi Hasegawa
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MessageSujet: Re: Winter is coming [ Flashback ; pv with Seiichi ]   Lun 20 Avr - 22:54

Clic.

Le zippo s'ouvrit avec un bruit distinctif qui fit sursauter le garde le plus proche de l'entrée. Ils n'avaient pas pu ne pas voir arriver l'homme qui se tenait face à lui, droit dans ses bottes, et qui venait d'allumer une cigarette. Un instant plutôt, il n'y avait que l'herbe rase et les caillasses de la plaine. Et brusquement, l'inconnu était apparu, comme par magie, là, à un mètre d'eux. Derrière lui, l'aube se levait, un lent rayon de lumière qui montait des collines.

Et il était zarbi, ce mec. Même le brouillard semblait avoir reculé autour de lui. Des cheveux gris qui reflétaient légèrement le soleil encore timide, un grand manteau de cuir sombre, qui descendait jusqu'à ses mollets, un sac de toile en bandoulière, un pull noir et un jean un peu élimé... Quelque chose n'allait pas chez ce type, mais les soldats de l'armée populaire n'étaient pas payés à réfléchir.
Leurs doigts étaient déjà sur la gâchette lorsque l'étranger tira sur sa première latte. Un œil vert, unique et lumineux, leur jeta un regard désabusé.

« Sérieusement ? Vous ne voulez même pas écouter ce que j'ai à dire ? »

Il ne parlait pas le dialecte local et son mandarin était comme rouillé, mâtiné d'un accent qui irrita immédiatement les tympans de ces braves défendeurs de la révolution.

« Japonais ! »

Japonais est encore, de nos jours, dans la Chine profonde, une insulte équivalente à « chien galeux » ou « fauteur de troubles ». « Connard d'impérialiste ». « Cible à abattre ». Trois armes qui avaient fait la guerre froide se braquèrent vers lui.

« Du calme, du calme, camarades. » L'homme coinça sa cigarette entre ses lèvres et leva les mains en l'air. Il souriait. Il s'amusait, l'enfoiré.
« Vous avez un problème, camarades. Et j'ai une solution. »

Les trois soldats avaient beau être sous-payés et privés de sommeil, ils avaient vu assez de film d'action pour savoir qu'il faut toujours se méfier d'un type bizarre qui s'avance seul contre trois et qui sourit.

« Qu'est-ce que tu veux, le Japonais ? Qu'est-ce que tu fous là ? »

« Je vous l'ai dit. J'ai une solution. Ah, j'ai aussi un ordre de mission, en fait. Dans ma poche de droite. »

Le premier soldat, auquel son rang de sergent octroyait une bouffe un peu moins dégueulasse que celle des autres, acquiesça à contre cœur. Aussi incroyable que ça puisse paraître, ces braves gens du parti unique et glorieux avaient parfois des manières un peu fantasques de leur faire parvenir leurs ordres.
D'un geste du coude, il envoya son homme chercher le fameux ordre. De la poche droite du trench-coat crasseux, il sortit une enveloppe crasseuse et tâchée... de sang... ? qu'il s'empressa de lire à voix haute à son chef.
La missive était courte mais expéditive. Le Chinois la relut deux fois. La confusion et le soulagement se disputaient sur les visages des trois hommes fourbus par leur garde. Le sergent abaissa son arme.

« Vous allez nous le prendre, vraiment ? » Dit-il, incrédule, en désignant la tour en ruines derrière lui.
« Non seulement je vais vous le prendre, mais, encore mieux, je vais l'emmener là où il ne voudra plus jamais revenir. » L'inconnu avait une voix tranquille, confiante.
« Loin de Chine ? »
« Très, très loin de Chine. Vous avez lu l'ordre, non ? »
« Très bien. On ne voudrait pas s'opposer aux ordres, de toute façon. »

Le soulagement l'emporta sur la confusion et les soldats baissèrent leurs armes. Ils s'écartèrent et laissèrent entrer l'étranger. Alors qu'ils s'apprêtaient à le suivre, l'homme se retourna sur le pas-de-porte, leur barrant effectivement le passage. Il leur tendit la main, avec un sourire.

« Les clefs, camarades, s'il-vous-plaît. »
« Vous voulez y aller seul ? Mais vous êtes fous ! C'est une bête sauvage. »
« Oui, oui. Je sais. Les clefs, s'il-vous-plaît. »
« Et s'il vous tue et qu'il s'enfuit, hein ? Et qu'il nous tue tous ? »
« Excusez-moi, je croyais que la lettre du camarade secrétaire général disait explicitement de suivre mes directives comme si elles étaient les siennes ? »
« ... Oui, monsieur. Comme vous le voudrez, monsieur. »

Clic.

Les clefs cliquetèrent alors qu'elles changeaient de main, reflétant un instant la lumière du jour qui se levait enfin.
Le japonais s'enferma à l'intérieur et tira une longue latte de sa cigarette, comme on peut une grande inspiration avant de plonger. Il se retourna et s'agenouilla aux pieds de la cage. Il regarda le loup, longuement, comme peiné de le voir dans un si triste état, et leva à nouveau les deux mains en l'air.

« Bonjour, monsieur Tsume. J'ai de quoi manger, de quoi boire et vraiment envie de discuter avec vous. » L'homme parlait en japonais, avec un léger accent de Sapporo et une politesse qui semblait sincère. « J'imagine que vous préféreriez être détaché avant de passer à table ? »

Dans la pénombre de l'aube naissante, son œil vert brillait.

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Kan Nei A. Tsume
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MessageSujet: Re: Winter is coming [ Flashback ; pv with Seiichi ]   Mar 21 Avr - 17:33


Kan Nei A. Tsume




Winter is coming...

CIl y avait quelque chose d’étrange dans l’air, une apesanteur méconnue, un mélange saupoudré d’irréel, comme un rêve éveillé. C’était exactement mon sentiment actuellement. Tout était si calme, s’en était presque déroutant. Les gardes étaient à présent sorties, et je me retrouvais seul dans mon cachot, condamné à attendre je ne sais trop quoi. Pourquoi attendre d’ailleurs ? C’était comme s'il allait se passer quelque chose. Mon intuition ne me trompait que rarement, et de toute façon, il devait bien exister une raison pour justifier l’abandon de poste des trois gardes chargés de me surveiller. Dehors, ils discutaient. Je pouvais les entendre, mais pas assez distinctement. Les gardes avaient l’air tendu, ils haussaient le ton comme si cela pouvait leur donner un quelconque avantage. Mais je pouvais sentir jusqu’ici une certaine angoisse tirailler leurs entrailles. C’était assez drôle, et assez flippant à la fois. Il y avait là-dehors, quelqu’un qui les impressionnait tout autant que moi. Je ne connaissais pas cette odeur, je n’étais même pas en mesure de dire si cela s’agissait d’un être humain ou non. Je n’allais pas tarder à le découvrir. Cet étranger venait pour moi, je le pressentais.

Bientôt, le ton baissa d’un cran dans la conversation, et aucun coup de feu n’avait alors été échangé. C’était plutôt bon signe. Bon signe pour qui ? Cet étranger était peut-être de leur côté. Il représentait peut-être les renforts envoyés par le gouvernement pour me calmer, ou pire encore, me mettre carrément hors d’état de nuire. Plusieurs scénarios tourbillonnaient à présent dans mon esprit tendu, stressé et affaiblit. Quoi qu’il en soit, une évidence restait certaine à mes yeux. Quoiqu'il m’en coute, je ne me laisserais pas faire. Je ne laisserais plus personne me nuire plus que ce qui n’a déjà été fait. Malgré le peu de force qu’il me restait, j’étais prêt à me battre.

Contre toute attente, et après un suspense insoutenable, j’eus l’étrange surprise de voir débarquer une silhouette tout à fait humaine devant mon cachot. Humaine, oui peut-être, mais en apparence seulement. Si l’on creusait un peu plus, on pouvait déjà remarquer sans mal, que sa couleur de cheveux était plus qu’insolite. Et cette odeur, si étrange, assez agréable je dois dire, presque envoutante maintenant que je pouvais l’analyser plus explicitement. Assez rapidement, l’homme se tourna vers moi, posant genoux à terre pour m’observer à son tour. Un long silence s’installa alors entre nous. Comme deux étrangers, parfaitement atypiques, nous étions là, figés et concentrés, à nous échanger ce regard mystérieux, lourd de sens. Ses yeux dans les miens, mes yeux dans les siens, quelque chose de particulier était en train de se produire. Cet homme était comme moi. Non pas qu’il était à moitié loup, mais lui aussi, partageait un héritage riche de magie et de mythe. Je pouvais le sentir, et c’était d’autant plus clair à présent que je pouvais observer son visage, et surtout, son regard si particulier. Je ne savais pas trop si je devais me montrer heureux de cette rencontre, ou au contraire m’en méfier. Mon instinct me disait de faire attention, mais une folle curiosité me poussait également à vouloir en savoir plus sur son cas. J’étais partagé, entre la méfiance, et la curiosité. Quoi de plus normale me direz-vous. On ne peut pas dire que j’ai eu beaucoup de chance lors de mes récentes rencontres ces derniers temps.

Après un long instant passé à nous observer tous les deux, l’inconnu se redressa finalement, levant doucement les mains en gage de paix. Il était parfaitement calme, presque paisible même. Il n’avait pas l’air dangereux. Il commença par me saluer, en m’appelant même Monsieur. Ce qui me fit tout drôle je dois l’avouer, je n’étais pas habitué à autant de marque de respect. Il parlait japonais, un très bon japonais. La suite de sa phrase me plût davantage encore. Il avait des vivres, de la nourriture, de l’eau, pour moi ! C’était Noël avant l’heure. Ce mec n’était définitivement pas mon ennemi. Mais, il ne fallait tout de même pas vendre sa peau aussi vite, surtout pour de la bouffe. Néanmoins, ne pouvant cacher mon intérêt pour les friandises qu’il avait à m’offrir, mes oreilles s’étaient aussitôt redressés en pique, bien droites au-dessus de ma tête, me donnant déjà un air un peu moins farouche. Inconsciemment, je léchais également mes babines, tenu par la hâte d’un bon repas qui s’annonçait tout proche à présent.

Je ne pouvais néanmoins pas m’empêcher de m’interroger. Pourquoi tant de compassion à mon égard. D’autant plus qu’il connaissait mon nom celui-là. C’était louche, très louche tout ça. Il avait grillé mon identité… Il savait qui j’étais, ce que j’étais, ça s’annonçait plutôt mal pour moi, d’une certaine façon. À ces dernières paroles, le doute me rongeait plus que jamais. C’était bien trop gros comme proposition, presque grotesque. Me détacher ? Là, comme ça, aussi facilement…

_Qui es-tu, et que fais-tu là ? Qu’est-ce que tu me veux ?

M’écriais-je sans hausser le ton. Ma voix sous forme de lupin était légèrement déformée à la réalité, plus grave, résonnant davantage comme un écho, un peu plus étouffé, mais j’en demeurais pas moins compréhensible. Heureusement d’ailleurs, car ce n’est pas les questions qui me manquaient. Sans même lui laisser le temps de répondre, voilà que j’enchérissais déjà aussitôt.

_D’où viens-tu ? Qui t’a envoyé ici ? Tu… tu n’es pas comme les gardes dehors. Toi aussi tu es… différent, je le sens !




......







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Seiichi Hasegawa
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MessageSujet: Re: Winter is coming [ Flashback ; pv with Seiichi ]   Mer 22 Avr - 1:22

L'inconnu sourit. Il s'y attendait. Il ne l'avouerait pas, mais il préférait, au fond, que le loup se montre méfiant. Un Kan Nei trop désireux de sortir eut pu être un Kan Nei mû par la vengeance et la haine. L'étranger était persuadé que le garou ne l'attaquerait pas, mais comme toujours dans ce genre de situation, la prudence était de mise.

Après tout, les émotions de Kan étaient changeantes. Il lui semblait partagé entre la faim et l'incrédulité et son dossier détaillait parfaitement combien le garou avait du mal à gérer ses émotions. Le but du jeu était donc de l’intéresser à ses propos sans trop le perturber. L'inconnu ne tenait pas spécialement à provoquer sa rage. Ce n'était fort heureusement pas la première fois que notre ami japonais se trouvait à convaincre quelqu'un de sa bonne volonté. Il commençait à savoir comment communiquer son manque complet et total de danger à ceux et celles qu'il voulait approcher. Et si ses méthodes n'étaient pas toujours reconnues par ses pairs, elles avaient l'avantage de marcher.

L'inconnu s'assit au sol, les clefs toujours à la main, et fit glisser le sac de son épaule. Les jambes croisées, le dos bien droit, il pouvait sembler confiant, détendu, tranquille. Et il l'était, bien évidemment. Comme d'habitude, il n'avait pas un, mais deux ou trois plans. Bien que son instinct lui dictait qu'il n'en aurait pas besoin et que celui-ci se trompait rarement, en mission, la prudence était chez lui comme une seconde nature.
Sans attendre, son œil vert toujours fixé sur le loup amaigri, il reprit la parole.

« Des questions bien légitimes, auxquelles je vais m'empresser de répondre. Qui suis-je ? Je peux commencer par vous dire ce que je ne suis pas. Je ne suis pas votre ami. Je ne suis pas votre ennemi. Je suis, en effet, différent. Je viens d'une île, très loin d'ici, peuplée de gens tout aussi différents que vous et moi. Quoi d'autres ? Personne ne m'envoie en particulier. Je suis venu parce que j'en avais envie. Vous n'avez pas l'air très bien dans cette cage, monsieur Tsume, je me suis dis que vous auriez peut-être envie d'en sortir. »

L'inconnu avait ressortit ses cigarettes. Il en roula une doucement, précautionneusement, tout en continuant de parler.

« Quant à ce que je vous veux… J'aimerais vous montrer l'île dont je viens de vous parler. Et si elle vous plaît, j'aimerais vous inviter à y résider. » Clic, fit le zippo, et puff, fit la fumée qui s'échappait de ses lèvres.
« Ah, pardon. La fumée ne vous dérange pas, j'espère ? Vous savez, je me doute bien que cela fait beaucoup d'informations à digérer d'un seul coup. Et en parlant de digestion, vous êtes sûr que vous ne voulez pas manger ? »

Avec un timing presque comique, un gargouillis sonore et incongru vint troubler le silence presque religieux qui régnait dans la tour. L'inconnu se gratta la nuque d'un air gêné. Il en rougit presque. Il attrapa son sac et en sortit un thermos ainsi que divers petits paquets, quelques petites boites, dont montaient sûrement, aux narines fines du garou, des odeurs de riz, de viande et de fromage.  

« Excusez-moi… C'est que, j'ai pensé que nous pourrions prendre le petit-déjeuner ensemble, voyez-vous ? » Expliqua-t-il avec un petit sourire.

Dans une tour perdue aux confins de la Chine, un homme aux cheveux d'argent s'apprêtait à prendre le thé avec un loup-garou. Pour la plupart des gens, cette image relèverait d'un fantasme, d'un film, d'un bouquin de sciences-fiction. Mais pour notre ami japonais, ce n'était qu'une journée ordinaire.

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MessageSujet: Re: Winter is coming [ Flashback ; pv with Seiichi ]   Mer 22 Avr - 14:25


Kan Nei A. Tsume




Winter is coming...

Prêt à discuter, l’étranger prit place en face de moi, assit, se mettant plus à l’aise pour faire un brin de causette. Il posa tranquillement ses affaires à côté de lui, son sac, remplit de promesses, je crois. Remplis de nourriture surtout, mais ce n’était pas encore l’heure de manger. L’inconnu ne donna point son nom, préférant rester anonyme pour l’instant, ce qui n’était pas pour m’arranger. Un homme qui cache son identité n’est jamais vraiment bon signe. Redoutait-il que j’ai déjà entendu parler de lui ? Il parlait très bien japonais, cela en disait long sur ses origines. Je commençais à croire qu’il avait été envoyé ici par mon père. Ce n’était pas impossible. Toutefois, sans plus tarder, l’étranger me donna à son tour sa version des faits. Il énonça une île, une île un peu particulière, loin d’ici, où résidait tout un tas d’autres créatures en tous genres, trop différentes et spéciales pour être de simples humains. Des êtres surnaturels, comme moi. Ça faisait beaucoup de choses à assimiler en quelques mots seulement. Alors, cela voulait dire qu’il y en avait d’autres ? Beaucoup d’autres ? À quoi pouvaient-ils bien ressembler ? Étaient-ils les protagonistes de toutes ces légendes qui coulent depuis la nuit des temps… Moi qui ne croyais qu’aux descendants de Fenrir, voilà que j’apprenais que les choses étaient en fait, encore plus compliqués et diversifiés que cela. Cela me laissait sans voix, un court instant, tandis que je me perdais dans mes songes. Je m’interrogeais également sur la nature de cette île. Étrangement, cela me rappelait vaguement un film où, une organisation secrète s’employait à traquer des êtres surnaturels, pour ensuite les envoyer sur une ile également, afin d’exploiter leurs pouvoirs et capacités, après les avoirs mit en cage… Mon père ne m’a jamais appris grand-chose, mais il m’a enseigné au moins ceci. Toujours cacher, dissimuler, sa véritable nature, ou bien j’aurais de gros problèmes. Le monde des hommes, des simples humains, nous voient comme une menace qu’il faut éradiquer. Alors, était-ce judicieux de croire en un lieu, où tous les êtres incroyables étaient envoyés par bonté d’âme, pour les préserver… J’avais bien du mal à adhérer à cette idée.

Pourtant, cet homme, cet étranger… Lui aussi était différent, lui non plus n’était pas simplement humain. Mais il pouvait très bien collaborer. Il faisait le parfait acteur. Quoi de mieux d’envoyer un monstre, pour convaincre un autre monstre de le suivre. La méfiance ne me quittait pas. Son calme était pratiquement déconcertant, je ne savais pas quoi en penser. Bien sûr, je n’étais pas franchement bien dans cette cage mais, à quoi devais-je m’attendre si je quittais cet endroit pour le suivre ? Je savais ce que je perdais, mais pas ce que je gagnais. Peut-être bien que j’étais mieux encore ici que là-bas. Après tous, les gardes avaient semblé plutôt soulagés de l’arrivée de ce type. Il voulait m’amadouer avec de la nourriture, installer de la confiance par son calme reposant. Mes oreilles retombèrent légèrement en arrière, traduisant mon scepticisme évident. Quelques pas vers le fond de ma cage, voilà que je me mettais à douter de ses intentions.

_C’est quoi cette île ? Une autre prison mieux équipée ? Pour les gens nuisibles à l’humanité ? Est-ce que c’est un lieu plus adapté pour contenir des menaces telles que moi ? Je n’ai jamais rien fait de mal pourtant. Je n’ai jamais tué aucun humain. J’ai toujours vécu avec eux, sans jamais me faire remarquer… Je ne suis pas une menace.

Secouant la tête légèrement, je ne savais vraiment pas quoi penser de tout cela. Je me mis à faire quelques petits allers-retours dans ma cage, allant de droite à gauche, pensant que marcher m’aiderait à mieux penser. Cela permettrait également d’évacuer le stress, qui commençait à me prendre soudainement. Sans quitter l’étranger du regard, il ne fallait pas que je le lâche d’une semelle. Il n’avait pas franchement l’air menaçant, il avait plutôt l’air sincère au contraire. Il n’y avait rien de malfaisant dans son regard étrange. Tout semblait tellement normal pour lui. Qui était-il exactement, un genre de recruteur ? Difficile de savoir.

_J’ai un peu de mal à croire à toute cette histoire… Va falloir être plus précis, plus, convaincant.

Il voulait m’emmener avec lui, voir cette île ? Pourrais-je seulement en ressortir ? C’était là un jeu bien dangereux. Suivre un parfait inconnu, vers un lieu parfaitement inconnu, sans promesses, sans plus de détails. C’était bien trop dangereux, je voulais en savoir plus. Je n’étais pas dupe, certes je n’étais pas franchement bien dans cette cage c’est sûr, mais je savais aussi qu’il pouvait encore y avoir pire, comme conditions de vie. Comme il avait l’air ouvert à la conversation, je lui faisais au moins le mérite de l’écouter. Je voulais bien entendre ce qu’il avait à me vendre, et voir dans son regard s’il m’entubait ou non. Je le saurais de toute façon, je le verrais…

Un bruit soudain brisa alors le sérieux de la scène. Le ventre de l’étranger se mit à gargouiller. Je pensais d’abord que c’était le mien, avant de réaliser sa gêne. Je m’arrêtais brusquement, l’observant d’un air étrange, les oreilles bien droites.

_Excusez-moi… C'est que, j'ai pensé que nous pourrions prendre le petit-déjeuner ensemble, voyez-vous ?

Il sortit un à un les différents mets de son sac, laissant s’échapper de douce odeurs de viande chaude, qui me saliver en moins de deux. Un léger couinement incontrôlé s’échappa de ma gueule, tandis que j’avais le regard fixé vers toute cette bonne nourriture qui me faisait languir. Je reniflais l’air, m’approchant pas à pas des barreaux de ma cage, ensorcelé par l’appel de la bouffe. Ok, il avait là un argument de taille, je dois l’admettre. Alors me vint une idée. Il avait l’air de vouloir me faire sortir d’ici, soit, en gage de bonne foi, il pouvait toujours me libérer, partager sa nourriture avec moi, sans la promesse que je le suive. Cela ferait un bon compromit, pour l’instant.

_Ok, sors moi de là d’abord, et nous irons manger loin d’ici. Alors seulement, j’écouterais ce que tu as à me dire… Je n’arrive pas à réfléchir l’estomac vide.

C’était donnant donnant. Il allait devoir me faire confiance lui aussi. Accepter de me libérer de mes liens, sans la moindre garantie que tout se passerait bien. Il allait devoir libérer la bête.





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MessageSujet: Re: Winter is coming [ Flashback ; pv with Seiichi ]   Ven 24 Avr - 15:23

Ah, libérer la bête. Enfin.

Il y a des moments où le temps semble s'arrêter.
L'air scintille au gré de la lumière. La poussière devient poudre d'or, poudre d'argent, souffle d'étoile. Les couleurs se ternissent et tout l'univers semble se réduire à une seule pièce, un seul moment.
Pendant un instant, la planète cesse de tourner, les fleurs de pousser, l'eau de couler. On entendrait presque les pierres respirer.
C'est l'instant où le destin bascule, où les rouages du sort se mettent à tourner. Les astres s'alignent et le souffle reste bloqué dans les poumons.  
Dans un milliers d'univers parallèles, les soldats rentrent, ouvrent le feu.
Dans un milliers d'univers parallèles, Kan s'endort dans sa cage, seul et abandonné.
Dans un milliers d'univers… oui, mais dans celui-ci ?

Clic.

Le temps reprit son cours.

Les clefs tintèrent une dernière fois dans les mains de l'étranger. Il avait coincé sa cigarette entre ses lèvres et s'était saisi des clefs avec précision. Il les tourna dans la serrure et les tira vers lui pour ouvrir la porte de la cage. Les barreaux s'écartèrent avec un couinement digne d'une porte de cimetière. Les gonds n'avaient sans doute jamais été huilés.

La porte s'ouvrit tout en grand, libérant le descendant de Fenrir. Son interlocuteur n'avait pas bougé. Il se tenait là, assis, les bras écartés, un festin de campagne étalé à ses pieds et un sourire discret sur le visage. En toute confiance.

Lorsqu'il estima avoir assez montré le peu de danger qu'il représentait pour le loup, il baissa doucement les mains sur ses genoux et son sourire s'élargit.

« Vous êtes libre, monsieur Tsume. Complètement libre.  » Annonça-t-il avec un plaisir non dissimulé.
« Et l'île dont je vous parle n'est pas une prison. Si vous aurez besoin de mon aide pour y accéder la première fois, vous pourrez ensuite en partir et y retourner comme bon vous semble. Vous n'êtes pas – ni pour moi, ni pour l'île – une menace ou un être nuisible. Mais c'est, en revanche, un lieu bien plus adapté que tous ceux que vous avez connus jusqu'à présent. Il y a... » L'homme commença à compter sur ses doigts. « Des anges, des valkyries, des mages, des goules, des garous de différentes espèces, des sirènes, des pégases, bref ! Tout un tas de gens différents et sympathiques, dont le seul point commun est généralement qu'ils ne sont pas humains, bien que certains y ressemblent beaucoup.  »

L'inconnu tira une longue latte de sa cigarette. La fumée s'échappa en volute parfumée de sa bouche entrouverte. Que dire de plus ? La méfiance de Kan était salutaire, il n'en doutait pas. Il lui suffisait de trouver le bon argument… Mais son dossier était relativement pauvre en indices, en potentiels « leviers » émotionnels. Citer son père serait une erreur digne d'un débutant.

Ah, il ne servait à rien de se mentir à lui-même. La difficulté faisait partie du jeu. Cela ne rendait que le challenge plus intéressant pour notre ami Japonais. Il n'avait, après tout, aucune obligation d'être là : son allégeance à l'école ne l'astreignait qu'à ramener des élèves à tout prix sur l'île. Les adultes, c'était un bonus – on aurait même pu parler de passe-temps. Tout bon scientifique vous le dira : il vaut toujours mieux garder ses sujets près de soi. Cela facilite grandement les recherches.
(L'inconnu ne l'admettrait pas, mais au fond, il aimait également la douce et chaude sensation d'avoir accompli une bonne action.)

« Alors, dîtes-moi. Où voulez-vous aller ? »

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MessageSujet: Re: Winter is coming [ Flashback ; pv with Seiichi ]   Sam 25 Avr - 15:59


Kan Nei A. Tsume




Winter is coming...

PDe nouveau, le silence laissa planer une odeur de suspens sur la scène. Je l’observais, réfléchir à ma proposition, de son air serein et souriant. Cela ne pouvait pas être de la comédie, non, je le savais, je le sentais. Ce gars-là ne dégageait aucune forme de méchanceté, il avait l’air, sincère… J’avais perdu l’habitude des gens sincères, c’était tout drôle de rencontrer quelqu’un comme ça, à nouveau. Je le trouvais très mystérieux celui-là. C’était fou comme histoire, en y repensant. Il venait d’une île mystérieuse, très loin d’ici, qui sait, à l’autre bout du monde même, peut-être bien. Il venait d’aussi loin, lui, un parfait inconnu, tout ça pour moi, pour venir me libérer de ma prison, en m’offrant un festin avec qui plus est. Oui, c’était carrément fou comme histoire, je crois bien que même moi, je n’arrivais pas bien à le réaliser. Pourtant, c’était bien réel, et maintenant, il allait bel et bien me libérer.

Je le vis d’abord prendre les clefs au creux de sa main, les tourner pour attraper la bonne. Puis, il les introduit dans la vieille serrure de ma cellule. Le souffle me manquait, j’en avais la respiration coupée. Mes yeux restaient figés, grands ouverts, sur cette petite ouverture, dont le couinement chantait gaiement à mes oreilles. Clic’. Voilà le bruit que je voulais entendre. Celui de ma liberté. La porte s’ouvrit, assez lentement pour que j’ai le temps de savourer cet instant. Je n’en croyais pas mes yeux. J’étais libre, enfin libre. Je me demandais bien combien de temps j’étais resté coincé dans ce trou paumé, isolé de tout. Surement depuis un long moment déjà, car la notion de temps m’avait quitté il y a déjà quelque temps. Dehors l’hiver s’annonçait, cela pouvait me donner une vague idée. Mais pour être honnête, là, franchement, ce n’était foutrement pas le moindre de mes soucis. Je m’en fichais, je voulais juste, aller dehors, courir, courir encore, jusqu’à m’essouffler. Je voulais respirer l’air frais à plein poumon, et sauter aussi haut que possible vers le ciel. J’étais pris d’une soudaine énergie, un bien-être unique, que l’on ne peut comprendre sans être passé par là ou je suis passé.

_Vous êtes libre, monsieur Tsume. Complètement libre.

Soutenait l’inconnu. Ses phrases, me donnant l’impression de plus de légèreté encore. Mes yeux brillants se levèrent de nouveau vers lui, exprimant une gratitude sans mots. Jamais je n’aurais cru la liberté aussi importante dans la vie d’un homme, bien que je n’en étais pas totalement un. Raison de plus dans ce cas, pour un animal sauvage.

Timidement, et de façon assez ridicule je dois dire, j’avançais pas à pas, tel un animal craintif. Hésitant, mes pattes n’osaient pas encore franchir la limite de ma cage. L’inconnu ne me forçait en rien, il ne me pressait pas, me laissait le temps que je voulais. Il en profita en revanche pour donner un peu précision précisions sur l’île de laquelle il venait. Son récit était des plus convaincants, et quelque peu surréaliste aussi. Néanmoins, il vendait du rêve, je dois le reconnaitre. Celons-lui, c’était un lieu sécurisé, un refuge même, pour tous les êtres hors du commun, aussi diversifiés qu’ils soient. Il m’en donna même quelques exemples, qui me laissèrent sans voix. Des anges ? Sérieusement… Des Valaki-machin, des trucs que je ne connaissais même pas. Des mages et des… Des sirènes ! Moi qui avait toujours rêvé d’en trouver une. Ahah, alors elles existaient bel et bien… Bon sang, tout cela faisait rêver. Je dois avouer que je commençais à me laisser tenter. Il avait là de nombreux arguments convaincants. Bien sûr, je n’avais que sa parole, mais j’avais plutôt un bon ressentit sur sa personne, alors, pourquoi pas. J’étais curieux de voir ça, j’avais envie de voir. De toute façon, celons ses dires, je n’étais pas obligé de rester. Je pouvais très bien repartir si je le voulais. De plus, il était celui qui venait de me sortir d’affaire, la moindre des choses, était que je le laisse me faire découvrir son monde, plus qu’intrigant. Qui sait ce que je pourrais trouver là-bas. Je pourrais très certainement apprendre beaucoup de choses.

_C’est d’accord l’étranger. J’accepte de te suivre, je te dois bien ça. Du moment que je suis libre de repartir après, si je le souhaite.

Dis-je alors l’air de rien, conservant le peu de fierté qu’il me restait. J’étais bien loin de m’imaginer dans quelle aventure je m’embarquais là. Bien loin de réaliser ce que j’allais découvrir, apprendre, comprendre… Un autre monde allait dès à présent s’ouvrir pour moi. Une nouvelle page, une nouvelle aventure. Je ne demandais que ça. Mais d’abord…

_Mais d’abord, allons manger ! Loin d’ici, de préférence…

Mon ventre cria famine à son tour, laissant fuir un gargouillis bien peu sympathique.





......







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MessageSujet: Re: Winter is coming [ Flashback ; pv with Seiichi ]   Ven 1 Mai - 22:54

L'étranger se releva prestement, ses provisions à nouveau rangées dans son sac. Il était maintenant complètement détendu, comme si le plus gros de son travail était derrière lui – et c'était vraisemblablement le cas, n'est-ce pas ? L'air s'était comme allégé dans la petite tour délabrée. Au dehors, le jour était complètement levé. La température se montrait un peu plus clémente et le ciel sans nuage prévoyait une belle journée. On entendait, doucement, au loin, les rumeurs de la vie campagnarde qui s'animait.
Et l'inconnu était satisfait, profondément, de la direction que prenait les choses. Il avait hâte de passer à table. Son estomac le tiraillait sans relâche et sa gorge s'était asséchée. L'émotion, sans doute. Après toutes ces expériences, ces quelques années… l'anticipation ne le quitterait sûrement jamais.

L'homme aux cheveux d'argent ouvrit la porte et trouva l'entrée désertée par les gardes qui la surveillaient précédemment. Ils avaient sans doute suivi l'ordre de mission à la lettre, qui les enjoignaient à aller présenter leurs rapports au camarade secrétaire. Cela leur ferait sûrement un choc quand ils le trouveraient, étouffé dans son propre sang, étalé sur son bureau. Ils en feraient sans doute toute une histoire et ne manqueraient pas de faire la connexion avec le Japonais bizarre qui étaient venus chercher leur petit colis. Ils appelleraient sans doute des renforts et ce serait une vraie boucherie.
Heureusement, son plan infaillible prévoyait que l'inconnu et son nouvel ami quittent les lieux à temps.

Dehors, la campagne s'étendait à perte de vue. Vallons et rizières, petits collines et bosquets, hélicoptère et… hélicoptère ? Un giravion vert et brun était posé, tout moteur éteint, à quelques mètres de la tour. Le pilote, une épaisse tignasse bleue s'échappant de son casque, lisait une BD sur son siège. Une femme vêtue de noir, la tête recouverte d'épines et les mains se prolongeant en de longues griffes fourchues, se tenait devant la porte, appuyée contre le marche-pied. Elle semblait passablement énervée, les traits tirés sur sa peau d'écailles.

« Hasegawa, we said ten minutes and it's been twenty! »

Sa voix était rocailleuse, comme si ses cordes vocales n'étaient pas complètement faites pour la langue des humains. L'homme leva les mains, comme pour l'apaiser, et se tourna vers Kan un court instant.

« Je reviens immédiatement, monsieur Tsume. Ne vous inquiétez pas, c'est une amie. Un instant, je vous prie. »

Il enjamba rapidement la distance qui le séparait de l'hélicoptère et se lança dans une discussion plus ou moins sympathique avec la dame en question, dans un anglais mâtiné de leurs accents respectifs. Ils semblèrent négocier pendant quelques minutes, l'inconnu s'excusant avec profusion et la femme le fustigeant du regard. Lorsqu'ils trouvèrent un compromis, la femme remonta dans l'hélicoptère et l'inconnu repartit vers le loup-garou.

« Je m'excusais juste auprès de ma collègue. C'est elle qui a caché notre véhicule à la connaissance de tous, grâce à ses pouvoirs d'illusions et j'ai été non seulement plus long que prévu, mais presque aussi long que ses pouvoirs lui permettaient de tenir l'hélicoptère caché aux yeux et au su de tus. Enfin, ce qui est fait est fait, n'est-ce pas ? Le choix est le vôtre : où voulez-vous manger ? Nous avons assez de carburant pour voler presque toute la journée. » Expliqua l'homme avec un sourire, roulant une énième cigarette entre ses doigts fins.  « Nous pouvons également partir à pieds. Nous pourrons trouver une voiture un peu plus loin. Comme vous le désirez, vraiment. »

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MessageSujet: Re: Winter is coming [ Flashback ; pv with Seiichi ]   Lun 4 Mai - 12:21


Kan Nei A. Tsume




Winter is coming...

Dans un long silence d’approbation, l’inconnu –dont je devrais penser à demander le nom tout de même- prit les devants et ouvrit la marche. Nous dirigeant vers la porte, je commençais alors à penser à ce que j’allais bien pouvoir faire de mes premières secondes de liberté. J’avais bien envie de me mettre à courir oui, de m’éclater les poumons jusqu’’à l’épuisement. Mais, cela ne se faisait pas vraiment vis-à-vis de mon camarade qui venait alors de me sortir de là. Ce n’était pas franchement très poli, quoique je ne connaisse pas grand-chose à la politesse de toute évidence. Quoi qu’il en soit, je préférai me retenir. De toute façon, une surprise bien plus incroyable encore m’attendait dehors. Suffisante pour me tenir en haleine et me stopper dans mes envies vagabondes.

Dehors en effet, trônait plus loin un engin imposant. Un hélicoptère. Avec à son bord, une créature tout aussi bizarre qu’extraordinaire. C’était bien la première fois que je voyais ça. J’en avais même penché la tête sur le côté, l’oreille droite perplexe, légèrement recourbé vers l’arrière. La…Bestiole ? Semblait beugler quelques mots qui m’étaient totalement incompréhensibles. Elle semblait parler à l’étranger, un indice particulièrement clair m’amenant à le penser. Hasegawa, un nom japonais. Ce langage-là, je pouvais le comprendre, moi qui avais grandi là-bas, au Japon. J’en conclus donc assez rapidement que cet homme portait le nom d’Hasegawa. Au moins, on était tous les deux du même pays, c’était assez réconfortant dans le fond. Je ne sais pas trop pourquoi. Le fameux Hasegawa me dit justement d’attendre un instant, le temps qu’il aille discutailler avec l’étrangeté un peu plus loin. Il s’absenta donc quelques instants, me laissant seuls avec mes pulsions dévorantes. Je me mis aussitôt à scruter les alentours, observant la plaine infinie avec rêverie et soulagement. Les faibles rayons du soleil illuminaient l’herbe sèche, humidifié par la rosée du matin. C’était magnifique. Mes poils s’hérissèrent d’excitation, tandis que ma queue s'était mise à se balancer d’un mouvement joueur. Bon sang la tentation était trop forte.

Pendant qu’ils discutaient, je ne pus m’empêcher de gambader sur quelques mètres, à rouler dans l’herbe fraiche, et à sauter pour attraper des proies invisibles. Je venais de me retrouver quelques forces, aussi incroyable que cela puisse paraitre. J’étais quelque peu revigoré. On aurait dit un chien fou, relâché en pleine liberté. C’était un peu le cas, non ?

Bientôt, la conversation cessa entre les deux individus prêts de l’hélicoptère. L’air de rien, j’étais revenu à ma place, comme si de rien n’était. Bien que l’herbe sèche emmêler dans ma fourrure humide me trahisse quelque peu. J’étais sagement assis, attendant qu’il revienne vers moi, m’expliquant alors son entrevue avec la deuxième inconnue. Ça faisait beaucoup d’inconnus tout ça. Mais maintenant libre, j’avais le cœur plus léger, plus apaisé, moins disposé à me montrer méfiant et rabat-joie. D’autant plus qu’Hasegawa me laissait carrément le champ libre. Je pouvais totalement décider de nos prochaines actions, ce qui était des plus appréciables. J’avais déjà quelques idées en tête…

_Hasegawa, c’est bien ça ? Dis-moi mon pote, t'aurais pas quelques vêtements chauds pour moi par hasard ?


Oui c’était mon pote maintenant Hasegawa. Ce mec venait de me sauver de cet enfer, et en plus il m’apportait à manger. J’étais prêt à l’épouser s’il me le demandait… Heum, Nan… Nan oubliez ce que je viens de dire.

Dans le même élan, alors que je venais de finir ma phrase, je me mis progressivement à reprendre mon apparence humaine. Me retrouvant bientôt, complètement nu au milieu de cette prairie glacée. Mon premier réflexe fut de m’étirer, m’étirer pleinement. Bon sang que ça faisait du bien. Mais je dus faire attention à mon équilibre, cela faisait un petit moment que je ne m’étais pas tenu sur deux pieds.

_Oooh mec ! C’est trop bien ! Bon sang faut que’je pisse ! T’imagine même pas depuis combien de temps j’ai pas pissé debout ?!

La tension était nettement retombée chez moi, ça y est. Je me laissais de nouveau aller, et n’avais même pas de complexe devant cet homme que je connaissais à peine. Il avait dû en récupérer des bien pires que moi, de sacrés spécimens. Oh oui il avait dû en voir des choses ce type. Tandis que je partis en direction de cette vieille tour, pour uriner fièrement dessus, je me permis de continuer la conversation avec ce très cher Hasegawa, qui attendait surement avec impatience les prochaines directives.

_Puisque ton hélicoptère est prêt, et dispo’, ne faisons pas davantage patienter la dame, ou, quoi que ça puisse être d’ailleurs… On mangera en chemin. Mais je te préviens, j’ai jamais volé dans un engin pareil ! J’espère que je ne vais pas choper la gerbe…




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MessageSujet: Re: Winter is coming [ Flashback ; pv with Seiichi ]   Mer 6 Mai - 17:49

L'inconnu fuma lentement, de douces volutes parfumées s'échappant avec grâce dans l'air du matin. Il souriait, visiblement heureux de voir Kan Nei revigoré par sa libération. C'était pour ça qu'il adorait son métier, même s'il n'avait pas encore eu l'occasion de l'aborder avec le garou. Voir les gens à nouveau sourire, les voir s'épanouir et leurs potentiels se développer. Cette sensation de travail bien fait... était presque meilleure que le sake.
Et puis, « mon pote » ? Franchement ? Le changement d'attitude du loup était hilarant ; une vraie bouffée d'air frais. La liberté était comme une drogue, un alcool fort ; il n'y avait que ça pour convaincre les gens du bien-fondé de sa mission. Il leur offrait un avant-goût de la liberté, des joies à venir ; ils ne pouvaient qu'accepter de le suivre. Encore une extraction réussie. Une petite marque verte sur sa liste des personnes à sauver. Tant mieux, tant mieux. Si toutes les missions pouvaient se passer aussi bien !

Tirant sur sa cigarette, le Japonais laissait son interlocuteur se dégourdir les pattes et, heu, pas que les pattes, vu ce qui gambadait joyeusement sous son œil aguerri. Son professionnalisme fut fort à propos lorsqu'il eut à contrôler le soudain afflux de salive qui vint ré-hydrater ses gencives. Ah, la faiblesse de la chair. Il avait parfois tendance à oublier que les miracles de la génétique l'avaient fait naître avec ce genre d'organes, en plus de tous les autres dont il se servait un peu plus régulièrement. N'était-ce pas ridicule ? C'était tout à fait ridicule.
L'inconnu termina sa cigarette et abandonna le mégot dans le petit cendrier portatif qui traînait toujours dans sa poche gauche. Des vêtements, n'est-ce pas ? Oui, il avait prévu ça. Le dossier de Kan indiquait ses dernières mensurations connues et l'étranger n'était pas peu fier de pouvoir déterminer qu'elles n'avaient pas beaucoup évolué depuis. Le temps que le loup-garou fasse ses petites affaires, il repartit vers l'hélico et en sortit une petite valise, qui contenait un pantalon brun et un t-shirt jaune, en coton, avec un pull ocre, une paire de chaussettes et des chaussures de randonnées.

« Ce n'est pas forcément à la dernière mode, mais c'est au moins à votre taille », expliqua-t-il en lui portant le petit bagage. « ah, et oui, je m'appelle Hasegawa. Seiichi Hasegawa. Est-ce que je peux également vous tutoyer ? »

On est un oracle japonais beaucoup trop poli pour son bien ou on ne l'est pas, après tout. Seiichi offrit à Kan Nei un petit sourire timide, quelque chose qui aurait presque pu dire « J'espère qu'au-delà de cette rencontre, nous pourrons rester amis » et rit doucement lorsque le loup parla de « gerber » partout dans le cockpit.
« Je doute que ce soit une bonne idée. Irkana le vivrait mal et c'est une amie que j'éviterais d'énerver. Elle vient d'un peuple qui vit généralement sous terre, enfin, c'est compliqué. Elle ne parle pas très bien les langues humaines sauf l'Anglais et le Bengali. Ah, sur l'île, tout le monde se comprend plus ou moins. Je te... je vous expliquerai en chemin. Et si vous avez d'autres questions, c'est le moment. Nous avons presque douze heures de vol devant nous. »

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MessageSujet: Re: Winter is coming [ Flashback ; pv with Seiichi ]   Jeu 7 Mai - 19:48


Kan Nei A. Tsume




Winter is coming...

L’inconnu repartit tranquillement vers l’hélicoptère. Bien sûr à moi, ça ne me posait pas de problème de me trimballer ainsi, en si légère tenue. La pudeur est un mot que je ne connaissais pas. De toute façon, je n’avais pas honte de mon corps, bien au contraire je dois dire. De toute façon, il n’y avait aucun mal se commit ici. Sauf peut-être la demoiselle un peu plus loin que j’aurais pu choquer, et encore. Bref, quoi qu’il en soit, le Japonais ne tarda pas à revenir avec quelques accoutrements aux couleurs décidément bien étranges. Je les tournais dans un sens, puis dans l’autre. Du jaune, un T-shirt jaune… Sans commentaire, j’enfilai le tout avec un léger gout de déception, mais je n’allais pas faire le difficile, bien que je devais sacrément ressembler à un clown là-dedans.

_ça fera l’affaire !

Avais-je alors dit simplement, en guise de remerciement. Maintenant d’égal à égal, le Japonais semblait un peu plus disposé à se laisser aller lui aussi. Il se présenta même, au complet cette fois-ci. Son prénom ne me disait rien. Je ne connaissais pas de Seiichi Hasegawa, de près ou de loin. C’était rassurant, à mon sens. Décidément dévergondé, il me demanda ensuite la permission de me tutoyer. Une proposition qui me fit légèrement rigoler. C’est vrai moi qui allais toujours franco, on ne peut pas dire que je mettais les gens mal à l’aise. Quoique cela pouvait en déranger certains. Mais qu’importent, de toute façon, vaux mieux péter en communauté que crever seul, pas vrai ?

_Ahah bien sûr que tu peux ! Carrément même ! C’est toujours mieux que monsieur… La dernière fois qu’on m’a appelé comme ça remonte à… Nan en fait laisse tomber, j’sais même plus !

Ouais, ça remonte, ça remonte bien loin. Voilà bien longtemps qu’on ne m’avait plus appelé ainsi. D’ailleurs, j’ai toujours trouvé que ce terme ne m’allait pas. C’est, plutôt pour les gens distingués, des gens qui sont importants. Bref, des gens qui sont quelqu’un quoi. Je n’irais pas jusqu’à dire que moi je ne suis personne, bien que ça soit souvent été le cas, et c’est peut-être mieux ainsi. Ce qui est sûr, c’est que je ne veux pas être le même genre d’homme qu’est mon père. Lui est un homme que l’on appelle tout le temps Monsieur, avec une grande majuscule. Je ne veux pas être comme ça, je ne veux pas être comme lui.

Pour mettre Seiichi un peu plus à l’aise encore, je me permis de lui adresser une tape amicale sur l’épaule, après lui avoir donné mon approbation donc. J’aimais bien ce petit gars tout compte fait. Il est normal de se méfier au début c’est vrai. Mais à présent j’étais parfaitement en mesure de dire qu’il était là pour mon bien. Et plus que ça, il avait une tête sympa. Sa gueule me revenait ouais. Son calme toujours imperturbable était aussi très remarquable, il en dégageait une certaine classe, et un charisme affirmé. Il avait l’air d’être un homme remplit de sagesse. Il avait l’air d’avoir vu la vie, on lisait l’expérience dans ses yeux. C’est d’ailleurs avec cette même sagesse qu’il tenta de m’expliquer qu’il serait plutôt mal venu de vomir dans l’engin de la dame bizarre, qui apparemment, était peu commode et tolérant sur ce genre d’incidents. J’allais devoir bien me tenir, et pendant 12 heures qui plus est. Sérieusement… J’allais passer 12 heures immobiles dans une petite boîte volante ? Et ce tout juste après un enfermement de plusieurs semaines dans une tour vieille et miteuse… Dur…

Je soupirai longuement, un peu abattue après cette nouvelle, mais je haussais tout aussi rapidement les épaules. Tant pis, il fallait bien y passer. Résolu, j’acquiesçais sans plus de résistance.


_Okay, je n’aurais qu’à ouvrir la fenêtre pour nourrir les oiseaux si quelque chose tourne mal !

Si j’avais d’autres questions, oui assurément, je voulais savoir tellement de choses. Au moins nous aurions le temps de faire le tour du sujet durant ces 12 heures de vol. Seiichi et moi commencions donc à marcher vers l’engin, tandis que je tournais discrètement la tête derrière moi, pour observer cette tour que je laissais sans regret. J’avais comme le pressentiment que ma vie prenait un tournant. Une nouvelle page était en train de s’écrire, une autre venait de se refermer. Les choses allaient changer, je pouvais le sentir tout au fond de moi…

_J’ai une question très importante oui avant toute chose… Dis-moi, t'aurais pas amené du Sake avec toi par hasard ?

Comment dire, il fallait bien ça ! Une nouvelle vie ça se fête non, tout autant qu’une libération. Et puis, qui plus est, voilà fort bien longtemps que je n’avais plus gouté à une goutte d’alcool. Et putain que ça me manquait…





......







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MessageSujet: Re: Winter is coming [ Flashback ; pv with Seiichi ]   Jeu 14 Mai - 12:35

Seiichi s'agrippa à la porte de l'hélicoptère et se glissa à l'intérieur du cockpit. L'habitacle était étroit, éclairé par la lumière du matin et encombré par tout un tas de livres et de sacs en plastique. À l'avant, Irkana et un jeune homme aux cheveux bleu électrique prenait les commandes de l'appareil. Le panneau brillait de tout un tas de petits voyants incompréhensibles pour le commun des mortels. Derrière eux, il y avait deux sièges munis de ceintures de sécurité. Seiichi attacha la sienne et intima à Kan de faire pareil avec un sourire.

Une fois les deux hommes à l'intérieur et les portes refermées, l'appareil démarra avec un vrombissement puissant. Les hélices se mirent en marche, se poursuivant l'une l'autre avec force. Tout vibrait doucement dans la petite cabine et le ronflement des moteurs couvrait toute tentative de discussion. Seiichi enfila un casque-micro et en tendit un autre à Kan Nei avec un autre sourire rapide. Le pauvre loup, ça devait sûrement lui en faire beaucoup en une seule journée. Mais c'était là le lot de ceux et celles qui traitaient avec l'oracle. Seiichi était une tornade, calme, polie et réservée, mais une tornade tout de même – un ouragan qui emportait tout de leur ancienne vie sur son passage.

Un léger grésillement se fit entendre dans le casque de Kan, puis la voix de Seiichi parvint à ses oreilles, dans ce Japonais un peu trop poli à l'accent d'Hokkaido.

« J'espère que ça va aller… Es-tu sûr de vouloir boire, même le ventre vide ? En ayant peur d'être malade ? » Ce disant, l'oracle avait sorti une petite flasque argentée de la poche intérieure de sa veste, et, l'ayant calée entre ses genoux, farfouillait à l'intérieur de son sac et de sa glacière. Une petite goutte, ça ne lui ferait pas de mal non plus. L'adrénaline retombait doucement sur ses épaules et avec son départ s'installait une certaine fatigue. Sa faim avait redoublé et lui tirait avec force les entrailles. Il avait maintenant un plateau sur les genoux et s'affairait à le remplir.

Quelques boules de riz, fourrées aux légumes et emballées avec soin dans des algues séchées et du film plastique, de l'omelette pré-découpée en petits rectangles dans une grande boite hermétique, et de la viande, bien sûr, rouge et saignante, encore crue, dans le papier étanche avec lequel le boucher l'avait enroulée. Et beaucoup d'autres choses encore – des fruits, des biscuits, même du sel, du poivre et de la sauce soja – Seiichi ne plaisantait pas avec le petit-déjeuner.

Il finit par sortir une petite coupelle en porcelaine blanche, décorée par un joli poisson bleu qui semblait y nager. De sa flasque, il versa un liquide transparent, mais qui parfuma immédiatement l'habitacle. Malgré les secousses et les vibrations, il n'en perdit pas une goutte. Il s'agissait de sake, bien évidemment ; d'une qualité relativement bonne, qui plus est. C'était son remontant habituel. Il en avait du meilleur à la maison, mais au vu des circonstances, celui-ci ferait parfaitement l'affaire.

Une fois le plateau ainsi complété, Seiichi le tendit à Kan Nei en lui souhaitant un bon appétit. Dès qu'il eut les mains libres, il s'empressa de commencer à se servir lui-même.

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#003366 - Fiche - Carnet de Bord - DC : Anko Kobayashi.




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Winter is coming [ Flashback ; pv with Seiichi ]

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